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Blog consacré à Lupin III

TV Spécial 3 : Le Dictionnaire de Napoléon

Avec l’année 1991 nous revient un Lupin, ainsi qu’Osamu Dezaki à la réalisation. On commence à connaître le refrain… Mais la combinaison, gagnante jusqu’ici, semble engagée sur la mauvaise pente.

 

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Résumé

New-York. Tandis que se tient le sommet du G7, où les questionnements financiers vont bon train après la fin de la guerre du Golfe, notre Lupin vole une voiture dans le musée d’art moderne de la ville, au nez et à la barbe d’un Zenigata à la tête d’une petite équipe de policiers plutôt portés sur la gâchette.

Pour les beaux yeux d’une femme, ou plutôt pour dérober le fameux Dictionnaire de Napoléon, enjeu d’une course d’ancêtres de Madrid à Paris ?

Il semblerait que ce dictionnaire renferme un secret, susceptible d’intéresser jusqu’aux grands de ce monde… Le secret d’un fabuleux trésor, évidemment, qui permettrait du même coup de renflouer l’économie mondiale.

C’est une formidable course-poursuite qui s’engage. Cette fois, le monde entier ou presque semble être contre Lupin…

 

Infos générales (et autres trucs inutiles)

Titre japonais : Rupan Sansei : Naporeon no Jisho wo Ubae

Première diffusion le 9 août 1991 à la télévision au Japon.

Ce TV Spécial a fait l’objet d’une édition VF par IDP, en 2007.

Aucune surprise du côté des doubleurs, mieux, Agnès Gribe dont la voix ne passe pas forcément bien sur de jeunes personnages nous livre ici une performance plus que correcte sur la guest féminine du film !

La version française est d’ailleurs impeccable sur ce TV Spécial.

Le thème version’89 est utilisé pour le générique de début.

 

 

La critique

C’est un début assez calme comparé à certaines intros de films positivement explosives, mais annonçant un débordement d’humour qui nous est livré ici. Entre les politicards désespérés et Zenigata à la tête d’un quatuor fort peu intéressé par la capture de Lupin, c’est un sourire qui naît sur nos lèvres… Qui se mue rapidement en rire devant l’absurdité de la solution apportée par un vieux crétin qui la martèle à la manière d’une prophétie.

Ce début faussement sérieux, entrecoupé d’apparitions zenigatesques déjà drôles, est un véritable régal.

Malheureusement, une fois passé le générique, la suite bouge assez peu, et il faudra attendre la dernière demi-heure pour une succession de scènes d’actions enfin dignes de ce nom.

Le chara design est de manière générale assez homogène, quand on prend en considération les deux TV Spéciaux précédents. Mais une fois qu’on creuse un peu, d’étranges variations apparaissent, surtout concernant Jigen.


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[ Un Jigen dezakien, un cagliostrien, un autre rappelant curieusement la seconde série, et un autre dezakien tendance Goodbye Lady Liberty.  Hommage ou animateurs ayant fumé des trucs ? ]


L’animation, parlons-en ! Elle manque singulièrement de fluidité dans ce film, surtout sur les scènes d’action. Il en deviendrait presque désagréable à suivre par moments… Et les fameux effets Dezaki ont pratiquement disparu, par rapport à Hemingway Papers.

D’ailleurs, la scène d’action suivante, mettant pourtant en scène les talents de tireur de Jigen, peine à convaincre. De même que les transitions entre les différentes scènes, qui s’effectuent de manière bien moins harmonieuse que dans les deux précédents films.

Là où on avait une succession de scènes courtes, d’une efficacité redoutable et ayant une grande part dans le dynamisme du film, on se retrouve avec un découpage bien moins morcelé, ce qui est agréable d’une certaine façon, mais le rythme du film en souffre, surtout sur la première moitié.

Il faut 25 minutes de film pour se trouver en présence de tous les protagonistes. Et pour une fois, c’est Fujiko qui apparaît la dernière.

Son but à elle, qu’on découvre participant à la fameuse course ? Séduire, et bien évidemment plumer un homme riche.

Celui de Goemon, qu’on retrouve au cinéma devant un film de…samouraïs, est bien moins clair. Visiblement, l’individualisme qui caractérisait les deux premiers films, à des degrés divers, n’est plus de mise ici. On en revient au schéma de base de la fine équipe, unie pour le même objectif…

Le samouraï est sous-exploité, d’une certaine manière, dans le sens où son côté découpeur d’objets inutiles est bien trop mis en avant par rapport au reste. Mais il est mis en scène de telle manière que, couplé à un trip samouraï subséquent au visionnage de ce fameux film, ça rende le personnage totalement classe. Comme si celui-ci avait eu pour effet d’exalter chez Goemon les vertus du bushido.

Ce qui ferait presque peur aux copains, en juger par les réactions de Jigen…

 

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[ Goemon a la classe. ]

 

En matière de révélations, on a droit à une brève rétrospective de la famille Lupin en trois coups de cuillère à pot. Un peu tiré par les cheveux, mais mis en scène de manière agréable, avec des effets de vieillissement de l’image plutôt réussis.

 

Après ceci, on rentre enfin dans le film, qui commence à bouger un peu plus.

Goemon est à mourir de rire et en même temps très classe dans ce fameux trip samouraï, Lupin et Jigen sont égaux à eux-mêmes, et Fujiko… à ce stade de l’aventure, ce qu’elle peut bien comploter importe peu.

Zenigata, lui, se révèle être la grande et bonne surprise de ce TV Spécial. Exit le Zenigata inutile de Hemingway Papers, on se retrouve devant l’inspecteur acharné qui traque sans relâche Lupin, prêt à faire n’importe quoi dans ce but, même participer à ce rallye d’ancêtres.

La nature de sa relation avec Lupin est excellemment exploitée. S’il veut l’arrêter avant tout le monde, dans cette course effrénée au trésor où tous les moyens sont bons, c’est pour le garder vivant… Car l’ennemi de toujours est bien plus que ça.

On découvre avec bonheur deux adversaires qui s’estiment, et qui se ressemblent beaucoup par certains côtés. Tellement que Jigen et Goemon ne reconnaissent Zenigata seulement au moment où son déformateur de voix se brise…

Deux hommes libres ayant simplement choisi des voies opposées, voilà ce qu’ils sont.

La scène de substitution des deux hommes est d’ailleurs la meilleure du film au point de vue action, avec la scène finale.

Entendre Lupin s’exprimer au travers de Zenigata dont il porte le masque est aussi une scène à classer parmi celles d’anthologie.

 

Le méchant, déclinable et multipliable à l’infini vu la nature de l’ennemi, est carrément décevant. Aucune psychologie particulière pour les figures les plus présentes à l’écran, comme Robert Hawk, qui n’a d’utilité que de mettre une pagaille monstre partout où il va. Inspirateur du fameux Keith Hayden de Destination Danger ?

 

La guest féminine, Chieko Kido, de l’Agence de la Sécurité, comme elle le dit-elle même, est une jeune femme chargée d’arrêter Lupin, assistant Zenigata dans sa tâche. Elle exacerbe le côté macho de Zenigata, le côté séducteur de Lupin, et le côté plus sensible de Jigen qui lui fait dire des trucs classe.

Elle ne ressort pas indemne de sa confrontation avec les trois hommes. Pleine de doutes sur sa mission, elle en tire une force qui lui permettra de la continuer, et d’apprendre le sens du mot liberté

On est tenté de la qualifier de Zenigata girl plutôt que de Lupin’s girl, sur ce coup-là.

 

Fujiko se révèle étrangement manipulable, dans ce TV Spécial. Alors que son but premier est justement de tromper pour mieux amasser l’argent, elle n’y voit que du feu, ignorant même jusqu’à la fin le secret du dictionnaire. Et quand elle le découvre, certes, elle exige de savoir, mais cela ne donne suite à aucun coup en traître... La bande partant au complet pour l'île, et le final.

Première tentative de mettre en scène la « Lupin’s Family », comme ce côté bande unie sera bien mieux exploité dans Destination Danger ?

 

Preuve est faite que dans Lupin, on peut y mettre de tout. Après le clonage, la SF, les coups d’état, voilà la politique internationale dans toute son absurdité. Et c’est drôle.

L’humour, d’ailleurs, est un des rares points forts de ce TV Spécial. Voir Lupin, coincé entre Zenigata et Fujiko qui veulent et l’arrêter et savoir l’emplacement du trésor alors qu’ils ont les vilains aux fesses, c’est à hurler !

 

La dernière demi-heure bouge dans tous les sens : courses-poursuites, coups de feu… On est gâtés, point de vue action. Ce final positivement spectaculaire laisse oublier une première heure de film assez mitigée, entre action et ennui.

Goemon fait une démonstration magnifique de son art du sabre, et au risque de me répéter encore, il est classe, au point de voler la vedette aux autres.

La scène finale, dans le château en Normandie, est l’occasion d’un véritable déchainement de violence, mais à hurler de rire. Comment ne pas penser au Débarquement en voyant les avions et cette flotte immense boucher presque l’horizon ? La référence est presque trop facile…

 

Ce film a un côté James Bond, ne fût-ce que pour la voiture dûment modifiée et bardée de gadgets dignes de 007.

 

Finissons cette critique en parlant de la musique, qui rappelle irrésistiblement Goodbye lady Liberty sur certains morceaux. Si elle n’est pas particulièrement marquante, elle sert agréablement le film.

 

 

Concluons donc ici, sur un film en demi-teinte, avec des idées excellentes sur un scénario peut-être pas assez ambitieux, une animation peu fluide et un trésor fort peu crédible qui fera sourire, tout au plus. Les points forts du film étant les relations développées entre les personnages, à savoir le triangle Lupin/Zenigata/Chieko, l’humour, et une assez bonne exploitation des personnages.

Bref, un Lupin en demi-teinte, ni vraiment bon, ni exécrable, encore agréable à suivre.

En VF, ou en VO, vous passerez un bon moment tout de même !

 

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[ Une fin explosive, comme on dit... ]

 

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