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Blog consacré à Lupin III

TV Spécial 4 : From Russia With Love

 

Once again… 1992, Lupin III + Osamu Dezaki = succès ? Après le demi-ratage du Dictionnaire de Napoléon, on attendait quelque chose de plus… mieux. Là aussi, c’est mitigé.

 

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Résumé

New-York, dans une bibliothèque. Lupin et Jigen sont à la recherche d’informations sur un certain bouquin qui leur donnerait l’emplacement d’un fabuleux trésor de 500 tonnes d’or, ayant appartenu aux Romanov. Leur adversaire : un certain Rasputon, à la tête d’une organisation qui ressemble à un mix entre la mafia et une secte, au service des grands de ce monde qu’il manipule à sa guise.

Poursuivi par un tandem de tueurs, sans oublier Fujiko qui elle aussi se garderait bien l’or pour elle toute seule, Lupin aura fort à faire…

Nos zygomatiques vont en prendre un coup.


 

Infos générales (et autres trucs inutiles)

Titre japonais : Roshia Yori Ai Wo Komete

Thème version ’89 en ouverture, et en ending, une chanson fort justement nommée Golden Game, interprétée par Hatsumi Shibata.

Du côté des seiyuus, aucune surprise, comme toujours.

Pas de VF, une fois de plus… Mais là, on le regrette à moitié. Fansub, les gens, fansub… ou la version italienne qui est aussi à mourir de rire, mais la prestation de Roberto del Guidice n’atteint pas tout à fait celle de Yasuo Yamada sur les scènes particulièrement drôles, de mon point de vue. Mais sans nul doute qu’il est taillé pour faire Lupin, on le sent à fond dans le rôle, et ce serait dommage de passer à côté de cette version-là, même si on n’y comprend strictement rien… Parce que les voix italiennes sont géniales !

Et si le film a un titre plus que bondien, vous verrez que dans les faits, il n'en est rien. Deux pistes de l'OST le sont vaguement, mais à part ça...


 

La critique

Ouverture surprenante que celle-ci, narrant l’histoire d’un des épisodes les plus terribles de l’histoire de Russie. On taira l’invraisemblance historique pour se concentrer sur ce qui semble le plus important : les tonnes d’or ! Pas difficile d’imaginer ce qu’un certain cambrioleur de génie vise… Une base de départ un peu bancale, il faut l’avouer.

Tiens tiens, Lupin dans une bibliothèque. Et déjà l’occasion de discourir sur le chara design des personnages, dans la continuité des précédents… Ce n’est pas vraiment une surprise.

Quoi qu’en avançant dans l’intrigue, on découvre que celui de Jigen est vraiment abouti, vraiment plus beau que les précédents ! Et stable, de plus, pas comme dans le Dictionnaire de Napoléon… Les autres aussi, d’ailleurs.

Mais trêve de conneries historiques, voilà qu’entre en scène Zenigata, et le comique avec lui !

Son apparition dans la bibliothèque, dument camouflé (sic) sous une pile de livres pour arrêter Lupin qui est déjà occupé à draguer la bibliothécaire sexy, est à mourir de rire.

Et voilà que démarre le générique, version ’89, sous un déluge d’effets Dezaki ! Un pur bonheur après en avoir été sevrés pendant le TV Spécial précédent.

Un démarrage carrément excellent qui, une fois de plus, ne laissait pas présager une suite plutôt décevante.

 

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[ Lupin, il drague les bibliothécaires... ]


Changement brusque d’ambiance avec les nuits new-yorkaises et ses bas-fonds, plutôt bien portés à l’écran. Jigen est en veine de répliques cinglantes, et Lupin particulièrement con.

L’action est très vite au rendez-vous, et y a pas, l’animation est bien meilleure que sur le Dictionnaire de Napoléon ! Même si elle manque un peu de fluidité, quelques fois. Quelques foirages aussi dans le dessin des personnages, avec un Lupin affublé de mains énormes sur un plan, ou un Jigen tenant une arme bizarrement dessinée. Il faut quelques visionnages pour le remarquer…

Ambiance à rapprocher ici de Goodbye Lady Liberty, en bien moins sombre et moins sérieux.

La fusillade avec les deux vilains de service se termine de manière totalement drôle, pour ne donner que cet exemple… et je me refuse à spoiler cette conclusion.

 

Or donc, un quart d’heure de film, avec Lupin, Jigen, des vilains, la guest féminine, et… Fujiko, qui vise apparemment le même objectif que Lupin, et qui va sans doute se livrer à son activité favorite : trahir ! Goemon n’a pas encore montré le bout de son sabre, ce qui ne saurait tarder. Et comme de juste… Tiens donc, mais que fiche-t-il au Chili, le samouraï ?

 

On s’aperçoit vite que le film change d’ambiance du tout au tout au fil des scènes, et c’est plutôt agréable, dans un découpage des scènes moins morcelé que dans les deux premiers TV Spéciaux, sans être aussi traîne-la-patte que le Dictionnaire de Napoléon. Un équilibre entre les deux très bien trouvé et maîtrisé.

Mais très vite, on s’interroge sur l’utilité de certaines scènes, qui ne font pas vraiment avancer l’intrigue… Même si visuellement ce n’est pas désagréable du tout.

Voir Fujiko les cheveux au vent dans une Porsche rouge, c’est quelque chose…

Ben au final, je trouve ça méchamment brouillon. On retrouve d’un coup Lupin, Jigen et Fujiko réunis pour aller braquer la banque de la Liberté où l’or est apparemment planqué. C’est bien trop rapide et un peu frustrant. D’ailleurs, on est contents de voir débarquer les explications, tout de suite après… avec une curieuse similitude avec l’ordinateur de Michaël dans Goodbye.

 

 

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Parlons à présent un peu plus des personnages… Lupin et Jigen sont bien utilisés, splendides dans leurs traits de caractère principaux. Lupin en dragueur à outrance et un peu beaucoup débile sur les bords, Jigen cynique à souhait et jouant du Magnum avec une maîtrise rare.

Fujiko… Fujiko aussi. Traîtresse en puissance, ce qui est annoncé dès le départ, sexy aussi… Carrément irrésistible face à une bande de camionneurs machos, sales et malodorants… Une Fujiko faussement ingénue qu’on aimerait voir plus souvent ainsi (mais pas trop non plus sur le même film, à force, ça agace).

Quant à Goemon… J’avoue avoir du mal à comprendre ce qu’il fiche aux côté d’un type correspondant aussi peu à sa philosophie de vie. Ici aussi, c’est le samouraï qui prend… Alors qu’il était si réussi dans le Dictionnaire de Napoléon, en comparaison. Il est littéralement humilié par le grand vilain de service qui se découvre enfin.

Zenigata, lui, disparaît littéralement après son coup d’éclat dans la bibliothèque.

 

Les méchants, eux, sont carrément ridicules, voire pas crédibles du tout. On hurle de rire devant un tandem de mercenaires au fusil à pompe, tout simplement géniaux ! Une sorte de pendant à notre duo préféré, qu’on adore au lieu de les détester ! Leur fin est juste magnifiquement classe.

Rasputon, heu… Lui, il est pas drôle du tout. Son truc des doigts dans la bouche ou l’oreille de ses interlocuteurs est franchement agaçant dès la première scène du genre. Et en plus, en bon méchant grosbill sur les bords, il lit dans les pensées… Bref, un des pires vilains de l’histoire Lupin.

 

Quarante quatre minutes de film. Et, oh, Zenigata revient ! On dirait bien qu’il est le grand inutile du film, comme dans Hemingway Papers. Sauf qu’il est drôle, jusqu’à la dernière demi-heure où on se demande vraiment, mais vraiment ce qu’il fiche là au milieu du bordel.

 

La (longue) scène du braquage de la banque est somme toute un moment d’anthologie, tellement il est bourré d’humour. Tout ce qui tient lieu de vilains dans le film est ridicule au possible, voire totalement con.  C’est carrément épique… Et Lupin n’est pas en reste.

 

Et ça continue ! La guest féminine, Judy, réussit enfin à rendre Rasputon un peu moins insupportable pendant cinq minutes environ.

Goemon est lui aussi à mourir de rire en samouraï tout paumé suite au vol de son sabre par Rasputon. L’impression d’humiliation est toujours là, mais ça passe un peu mieux, bien qu’on aie toujours du mal à reconnaître notre ouvre-boîte fonceur préféré.

 

Le film va trouver sa conclusion dans la toundra sibérienne, et là, y a du niveau ! De l’action, de l’action, la guest féminine dévêtue dans la plus pure tradition lupinesque, des trucs qui explosent, et un Zenigata qui ne sert à rien, strictement à rien, sauf à nous faire rire.

Sauf que ça retombe assez vite dans le n’importe quoi. Les méchants finissent de façon pas classe, et pas franchement drôle non plus. C’est même plutôt violent… Même si on ne montre rien, y en a un qui se retrouve avec les yeux crevés !

La toute fin est tout simplement décevante. La guest féminine petite-fille d’Anastasia Romanov, on y croit déjà moyen, alors quand elle tente d’apitoyer Lupin pour garder tout l’or « pour aider les gens qui souffrent dans sa propre patrie », on hurlerait presque !

 

Judy est une espèce de Clarisse de Cagliostro version adulte au rabais, complètement ratée… Elle n’est clairement pas la guest féminine qu’on retiendra. Plutôt classe au départ, elle se révèle une créature plutôt effacée, avec une force de caractère sous-jacent à la Miyazaki. Et c’est Goemon qu’elle prend dans ses filets comme chevalier servant…

 

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[ Mais c'est quoi cette tête ?! ]


Et voilà une curieuse conclusion à la Cagliostro, quelque part, avec un Lupin qui s’en va sans avoir rien gagné que de quoi rentrer dans ses frais.

Celui qui surprend le plus, dans cette dernière partie, c’est Goemon, pris à faire des bêtises pour les beaux yeux d’une fille dont il est visiblement tombé amoureux (sa tête à ce moment est juste à mourir de rire) et qu’il ne touchera bien évidemment pas. On se demande encore et toujours si c’est bien du samouraï de d’habitude dont on cause, qui n’usera de son sabre que pour une scène de découpe parfaitement inutile. Histoire de dire que ça, c’est fait, quoi.

 

Les références aux films et précédents TV Spéciaux sont légion.

Mamo : un énorme camion conduit par les méchants, la fin en flammes de Rasputon

Cagliostro : la fin qui y ressemble pas mal

Babylone : l’énorme tour en or

Goodbye : l’ambiance new-yorkaise, la scène d’explications lupinesques avant le braquage de la banque, la réunion de la bande dans un motel, alors qu’ils ont salement morflé contre l’ennemi.

Hemingway : l’ambiance western sur une scène, le pseudo-combat Jigen-Lupin/Goemon.

Le Dico de Napoléon : les allusions à la politique

 

Et dans les références politico-culturelles : le président Bush, un descendant de Raspoutine pas franchement crédible qui, je vous le rappelle, adore enfoncer ses doigts dans tous les orifices disponibles de ses interlocuteurs (sans me faire dire ce que je n’ai pas dit, hein, je vous vois venir !), et l’évocation d’un scandale présidentiel plutôt bien vu, préfigurant une certaine affaire Monica Lewinsky.

Plus un peu de politique russe d’époque… Vous avez dit Boris Elstine ?

 

Les points positifs du TV Spécial ? Vous l’avez compris, c’est son humour. Ça part dans tous les sens, entre jeux de mots et gags visuels. Les effets Dezaki aussi. Et la musique ! Variée, collant à chaque ambiance plus spécifique, elle est un vrai régal pour les oreilles.

Si on devait en retenir quelque chose, hé bien, c’est simple, juste ça.

 

A bien y réfléchir, considérer le film comme une sorte de trip, mélange plus ou moins habile d’éléments choisis des trois premiers spéciaux sur une trame qui se veut originale est peut-être le seul vrai bon moyen de le regarder, au vu de toutes ses faiblesses. Parce qu’il a de l’humour à revendre, avec un Lupin dans l’esprit de la saison deux, parfaitement délirant aussi bien qu’obsédé par la gent féminine…

Une tentative de rendre à l’écran le bordel scénaristique apparent qui règne chez Monkey Punch ? Hé bien, c’est raté, raté, et encore raté ! L’ensemble est brouillon, confus, et finit par retomber à plat. La fin démarre magnifiquement pour se dégonfler en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Même si le film ne manque pas de rythme, il n’est absolument pas maîtrisé au point de vue scénaristique.


 

Le bonus

Un animateur fan de Judas Priest ?

 

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