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Blog consacré à Lupin III

TV Spécial 2 : Hemingway Papers

En 1990, sort un nouveau téléfilm Lupin, avec toujours Osamu Dezaki aux commandes. Si Goodbye Lady Liberty était déjà un coup de maître, Hemingway Papers frappe encore plus fort ! 

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Résumé

Tandis que Jigen se fait engager comme mercenaire après une baston mémorable dans une ville en ruines, que Goemon se met en quête de l’unique objet capable de résister à son Zantetsu et que Fujiko est infiltrée chez le richissime Marcess, traficant d’armes, on ne sait pour quelle raison encore, Lupin est en Espagne, à chercher des informations sur les Ecrits d’Hemingway, un récit mystérieux qui serait la clé d’un trésor.

Toute la bande se retrouve donc sur l’île de Colcaca, déchirée par une guerre civile entre deux hommes, Carlos et Consano, qui se disputent le pouvoir.

Dans tout ce bazar, quel est donc le but de chacun ? 

 

Infos générales (et autres trucs inutiles)

Titre japonais : Heminguwei Pēpā no Nazo

Il fut diffusé la première fois le 20 juillet 1990 à la télévision japonaise.

Les seiyuus habituels sont au rendez-vous, de ce côté, rien de neuf. Mais du côté de la VF…

Contrairement à Goodbye Lady Liberty et au Dictionnaire de Napoléon, celui-ci n’a jamais été édité en version française. On pourrait s’interroger sur le choix des éditeurs, ce TV Spécial étant de grande qualité… Si vous le voulez, hop, prenez la version italienne qui est excellente paraît-il, je n’ai pas encore eu l’occasion de la voir. Ou, ne nous voilons pas la face, il existe un fansub qui traîne sur le net…


La critique

Ce TV Spécial démarre très fort, dans une ville en ruine où on retrouve un Jigen très en forme, occupé à montrer qu’il est suffisamment balaise pour se faire engager comme mercenaire par des types au look de maffieux.

Sans transition, on passe à Goemon et sa quête spirituelle, puis Fujiko qui semble à nouveau infiltrée chez un homme riche et puissant. Et enfin, Lupin, en quête d’informations sur les écrits d’Hemingway, le nœud de l’intrigue, mais ça, on ne le sait pas encore…

Comme dans Goodbye Lady Liberty, tous les protagonistes, sauf Zenigata, sont amenés avant les dix premières minutes, et le but de chacun est plus ou moins énoncé. Même le méchant se montre déjà !

Leur chara design est également très proche du premier Tv Spécial.

Zenigata, lui apparaît seulement vers vingt minutes de film. Son chara design n’est pas un des meilleurs sur le personnage… Mais il passe encore bien, la surprise initiale passée à la vue de sa tête.

Cette entrée en matière, entre sérieux et humour (amené par Lupin qui réussit à se casser la figure) est tout à fait remarquable, une fois de plus. La transition avec l’annonce du titre et le générique du début est tout simplement géniale. Le générique fait lui-même partie intégrante de l’intrigue, puisqu’il se déroule sur fond d’images plutôt importantes pour la suite, faisant progresser l’intrigue. Un fort beau coup de génie, somme toute.

Bref, on est dedans tout de suite !

La part belle est faite à l’action. L’humour y est d’ailleurs subtilement distillé, pour un mélange détonnant ! La première confrontation Mash/Lupin, par exemple, est tout simplement hilarante sur la fin.

Les fameux effets Dezaki sont ici légion, et tous efficaces, magnifiques…

La musique colle tout à fait à l’ambiance du film. Une chanson, He’s gone, tout à fait dans le ton est d’ailleurs récurrente, et ajoute une touche particulière, comme si elle définissait à elle seule le bar de Maria, perdu dans une petite ville en ruine tout droit sortie d’un western spaghetti.

C’est avec beaucoup de surprise qu’on découvre Jigen et Goemon dans des camps opposés, et, bien entendu, ils sont obligés de se faire face dans un duel à hurler de rire… L’absurde vient de faire une entrée fracassante !


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[ Osamu Dezaki powa ! ]


Et ça continue sur le même ton, avec un Zenigata qui a des problèmes d’argent, et qui se planque dans la Rolls de Marcess juste parce qu’il y a vu Fujiko. Le pauvre inspecteur paumé sur l’île me fait l’effet d’arriver comme un cheveu sur la soupe, et n’apporte pas grand-chose à l’intrigue, à part quelques scènes assez drôles…

Revenons au bar de Maria, un terrain neutre pour la rencontre de nos trois partenaires préférés qui, pour une fois, bossent en solo, chacun ayant ses propres motivations. Jigen veut zigouiller un type ‘qui n’a pas respecté notre code d’honneur’ dixit lui-même, Goemon cherche la boîte de Pandore, seule capable de résister à son Zantetsu. Et voilà Lupin coincé entre les deux, ce qui donne une autre scène très drôle vers une demi-heure de film.

Lupin est étrangement neutre là-dedans, voir carrément passif, incapable d’agir. Quand on connaît le Lupin des autres films, on ne peut s’empêcher de trouver ça bizarre… Attendrait-il une opportunité, puisque il ne dispose pas de ses copains pour faire son coup, ou les scénaristes se sont-ils plantés sur ce coup-là, tout en faisant la part belle aux autres personnages ? (ce qui est tout à fait appréciable, remarquez)

Pour le reste, il se montre bien crétin, ce qui est très drôle.

Maria, la Lupin’s Girl du film, est une femme forte et indépendante, pleine de ressources et au passé mystérieux. Elle fait un très pauvre accueil à notre héros crétin qui s’incruste véritablement chez elle, avec un sans-gêne tout à fait incroyable. Elle est la seule survivante du groupe indépendantiste Sasori (scorpion) composé de natifs de l’île. Elle n’est pas la Lupin’s Girl la plus marquante de toute la licence, mais un bon personnage tout de même, agréable à suivre. Peut-être un peu trop classique et peu recherché…

De même que Crazy Mash, le vilain au service du gros vilain Marcess, qui est un méchant de base, tueur de sang-froid sans états d’âme, adorant le sang et la violence, point. Est-il utile de chercher une psychologie quelconque à ce vilain pas beau aux canines d’or, style vampire, et au rire agaçant, prêt à trahir pour un contrat plus juteux encore ?

Quant à Consano, Carlos et Marcess, l'autre trio de vilains, finalement, on s'en fiche un peu, ils passent les trois quarts du film à se tirer dans les pattes à coups de gros sous et de négociations foireuses, pour mourir de façon pas classe chacun à leur tour. 

Jigen nous livre une scène magnifique, lui qui retourne au bar annoncer aux copains qu’il risque d’y passer en essayant d’abattre Mash. Bel exemple de l’attachement que se portent les trois hommes, puisque Lupin et Goemon se proposent immédiatement de lui refiler un coup de main. Les trois personnages faisaient mine jusqu’ici de s’ignorer dans un jeu assez étrange qui n’est finalement qu’une façade… L’un sans l’autre, visiblement, ils ne sont pas grand-chose.


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La première tentative (plutôt maladroite pour des voleurs tels que Lupin et Goemon) pour s’emparer du trésor échoue, et Lupin abandonne bien vite, d’une curieuse manière. Pourquoi, au point de dire à Maria qu’il préfèrerait vivre avec elle plutôt que de chercher des trésors ? Ce n’est pas son genre d’abandonner aussi vite…

Fujiko ainsi que Zenigata font enfin leur réapparition dans l’intrigue après quelques passages éclairs dans la première heure du film. L’objectif de Fujiko qui n’était pas clair jusqu’ici devient évident : elle aussi recherche les Ecrits, puisqu’elle a entendu qu’ils valaient un joli paquet de fric. Et enfin, ça bouge du côté du trésor.

A vrai dire, après une heure de film plutôt calme au point de vue de l’action, tout se précipite. Vol, courses-poursuites, trahison, assassinat, bataille ouverte… La totale, quoi.

L’absurde est aussi présent, avec le pseudo-débat télévisé ou les anciens adversaires redeviennent associés. Lupin se décide lui aussi enfin à bouger.

Goemon et Jigen se retrouvent à nouveau à devoir se battre, mais là, de manière drôlement classe ! Bien que le duel semble un poil inutile, il permet d’enchaîner avec la suite, où la bande est enfin réunie… et décide de travailler ensemble pour trouver le trésor.

Et quelques révélations plus tard, on se dirige vers le final.

Et là, les effets Dezaki subliment totalement l’affaire ! La scène de baston dans la vallée de la mort est très bien faite…

Si le final est bien moins intense que dans Goodbye Lady Liberty, il ne traîne pas en longueur et il est très efficace.

Et on se marre beaucoup à voir Goemon essayer de trancher dans la fameuse boîte…

Zenigata réapparaît à la toute fin, et là, on ne doute plus de l’inutilité totale du personnage dans l’intrigue.

 

En conclusion ? Si le film souffre de quelques défauts comme la non-exploitation totale de Zenigata, et dans une moindre mesure de Fujiko, ainsi que d’une attitude vraiment passive et incompréhensible de la part de Lupin dans la première heure du film, il reste dans les mémoires comme un très bon Lupin sans se classer dans les meilleurs. La part belle est faite à Jigen et Goemon, et on apprécie de voir que notre samouraï préféré n’est pas réduit au rôle de l’ouvre-boîte, comme cela arrive trop souvent. Une ambiance particulière se dégage du film, visiblement inspiré des westerns dans ses décors, mais également dans la musique utilisée. La récurrence dans l’utilisation du morceau He’s Gone sert également l’ambiance du film de fort belle manière. Et pour finir, les effets Dezaki, nombreux et variés, rajoutent un cachet extraordinaire au film sans l’alourdir.

Bref, du tout bon. Mais pourquoi, pourquoi n’a-t-on pas édité ce petit bijou ?

 

Ze bonus

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Juste parce que la tronche de Goemon m'a fait marrer ! 

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