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Blog consacré à Lupin III

Lupin III film live - Strange Psychokinetic Strategy (1974)

Le seul long-métrage nippon “en live” traitant des aventures rocambolesques de notre cambrioleur préféré est un concentré de nanardise et de kitchittude extraordinaire. Mais l’humour monkeypunchesque est bien là.

 

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Kitch ?  Oui, parfaitement. Les preuves les plus flagrantes en sont la musique (qui déstabilisera le fan moyen tant elle n’a rien à voir avec le reste, ce qui est tout à fait logique puisque la seconde série et sa musique inoubliable composée par Yuji Ohno n’est lancée que trois ans plus tard) et les « effets spéciaux », à mourir de rire tellement ils sont ridicules. Bonds improbables, trucs qui tombent sur la gueule des personnages… Il faut le voir pour le croire.

L’intrigue n’arrange pas vraiment l’affaire. Enfin, c’était peut-être l’effet recherché…

 

Dans la catégorie "à mourir de rire" on peut aussi citer une pléthore de répliques en français, pas trop mal prononcées par les acteurs japonais, et qui rajoutent un fameux cachet à l'affaire !

 

Passons au reste, si vous le voulez bien. Une fois le côté kitch digéré et accepté (et c’est dur !), le film se révèle plutôt intéressant… Il ne faut sans doute pas chercher de connection véritable avec le manga en dehors des personnages et de quelques détails, le film développant son propre background en parallèle.

Ce qui est notable, par rapport à l’anime, c’est l’utilisation de l’organisation Lupin, qui existe en filigrane dans le manga et qui est le point central de plusieurs chapitres.

Ainsi, on apprend que Lupin premier du nom était un artiste solitaire de la cambriole (ce qui est totalement faux, lisez Arsène Lupin gentleman-cambrioleur et Arsène Lupin contre Herlock Sholmès pour vous en rendre compte !), et son fils un génie de l’organisation criminelle. 

Cette organisation se casse malencontreusement la gueule suite à la trahison de l’énième recrue, et un massacre en règle plus tard, Jigen est le dernier survivant et part à la recherche de Lupin, troisième du nom, galopin franco-japonais élevé dans un orphelinat dont il se sauve à quinze ans, avec la caisse.

Ce Lupin III a tout d’un doux rêveur, le côté obsédé en plus, loin d’atteindre le niveau du manga…

 

En effet, ça reste sympathique tout ça, l’ennemi morfle, certes, mais toujours de manière burlesque.

Les scènes de « sexe » sont également éminemment drôles.  La scène Lupin/Fujiko est une étonnante transposition live directement inspirée du manga, et, sans doute le seul effet vraiment crédible du film.

Les scènes d’action sont de qualité variable, elles, du navrant au très drôle. Mention spéciale atroce aux courses-poursuites.

L’intrigue, sans être exceptionnelle, reste cohérente jusqu’à une heure de film à peu près. Après, on se demande ce que les scénaristes ont fumé.

Tentative de copier l’apparent bordel scénaristique monkeypunchesque ? Fail.

 

Et concernant la série une ? On pourrait déceler une influence de l’épisode 16, « Un voleur de bijoux volé en plein vol ! » quand Lupin et Jigen cambriolent une exposition de bijoux en utilisant une méthode curieusement similaire… Fujiko l’entraînant de la même manière à ne pas suivre son plan initial.

Le parallèle s’arrête là.

 

Concernant les personnages, la surprise est aussi de taille. Si leurs caractéristiques principales sont plus ou moins respectées, la différence avec l’anime et le manga est flagrante.


Lupin : son caractère est respecté dans ses grandes lignes (l’audace, une confiance absolue en ses capacités, son amour des jolies filles, etc) mais physiquement, c’est moyen. Un visage trop rond et une gueule vraiment trop sympathique.

Jigen : la même chose. Il fait un peu trop vieux, de plus, son caractère manque de quelque chose. Mais il reste correct tout de même.

Fujiko : le plus réussi des personnages. Elle est belle, elle trahit, elle séduit Lupin pour arriver à ses fins, bref, on la retrouve assez bien.

Goemon : c’est qui ça ?

Une fois de plus, c’est le samouraï qui prend… en disparaissant purement et simplement.

Impossibilité technique de mettre en scène les effets du Zantetsu, ou… ?

Zenigata : ouuuuuh, le massacre. Gueulard, non, hystérique, ridicule et parfaitement con, le personnage est tout à fait répugnant. En plus, il est affublé de deux assitants aussi stupides qu’inutiles.

Il devient très désagréable au bout de deux minutes environ. Bref, un vrai beau ratage dans toute sa splendeur.

 

 

Ce film live oscille donc entre le massacre et le regardable, à condition de garder à l’esprit que le film est volontairement nanard. Vous risquez de ne pas l’apprécier  si vous ne connaissez pas l’humour de Monkey Punch, qui est très présent dans ce film et qui en fait sa qualité principale.

Oui, il vaut la peine d’être vu au moins une fois. Certaines scènes valent leur pesant d’or.

Les fans de l’anime, eux, risquent fort de ne pas apprécier du tout. Avoir lu le manga ou vu Mankatsu, la série animée adaptant les autres œuvres de Monkey Punch, s’avère plutôt indispensable.

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