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Blog consacré à Lupin III

Film 6 : Dead or Alive

En 1996, surprise de taille : le mangaka, excédé de voir le massacre perpétré sur son personnage qui n'est pas assez respecté à son goût, décide de se mettre à la réalisation. S'il n'a réellement participé qu'à l'introduction et à la fin, il a entièrement supervisé le film. Pour un résultat assez surprenant de prime abord. 

 

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Résumé 

Au Zufu, petit royaume où règne d'une main de fer le général Kubikari, despote violent adepte des couteaux, existe un trésor plutôt fabuleux, puisqu'il s'agit du trésor national. Lupin décide de s'en emparer, et pour cela, déguisé en directeur d'une prison terrible où violence et mort règnent en maîtres, il fait évader quelques prisonniers. 

Puis, avec Jigen et Goemon, ils se rendent au Zufu pour mettre leur plan en place. 

La tâche sera dure, car l'Ile Dérivante, là où se trouve le trésor, est protégé par des machines étranges...

Seule Eméra, la fille du despote, connaîtrait le secret de l'île. Elle est bien gardée, évidemment, et Lupin et sa bande auront fort à faire pour sauver la jeune fille et percer le secret de l'île... Mâtinée d'une sombre histoire de nanomachines. 

Action et art du déguisement poussés à leur paroxysme. Accrochez-vous à vos sièges, ça va déménager !


Infos générales (et autres trucs inutiles)

Or donc, le film a été réalisé par Monkey Punch en personne. Titre japonais : ルパン三世 Dead or Alive - Rupan Sansei : Dead or Alive.

Cette réalisation l'ayant épuisé, le mangaka a dit ne plus jamais vouloir renouveler l'expérience. Je précise tout de même que c'est le directeur assistant qui a fait l'entièreté du film, puisque le mangaka n'a travaillé que sur le début et la fin. 

Le chara-design est ici bien plus proche du manga, dans le style de 1989 plus précisément. Lors de la réédition de la première série, l'auteur redessina les couvertures.

Ce qui n'arrivera qu'une fois dans toute l'histoire de l'animation Lupin... Il faut s'y habituer, mais ce n'est pas désagréable du tout. 

Le film est aussi plus violent que ce qu'on peut voir d'habitude... Bref, Dead or Alive est un film capable de rivaliser avec Le Secret de Mamo, et je me demande brusquement ce que ça aurait pu donner avec un doublage équivalant la version 1980 du premier film.

 

Pas de surprise tant du côté des seiyuus que des doubleurs VF. Donc, comme d'habitude : 

  • Rupan III : Kanichi Kurita (VF : Bruno Magne)
  • Daisuke Jigen : Kiyoshi Kobayashi (VF : Hervé Caradec)
  • Goemon Ishikawa : Makio Inoue (VF : Constantin Pappas)
  • Fujiko Mine : Eiko Masuyama (VF : Nathalie Homs)
  • Koichi Zenigata : Gorō Naya (VF : Constantin Pappas)

 

Il a été édité par Dybex en 2007 dans un coffret DVD comprenant Die ! Nostradamus et Dead or Alive.

L'ending, Damage of a Clever Trap, est interprété par un groupe de Visual Kei qui dépote, répondant au doux nom de Media Youth. Le groupe, fondé en 1990, a splitté en 1999, et fut un excellent groupe trop peu connu à l'heure actuelle...

Je suis une adepte de la VOSTFR, mais en VF, par rapport à Die ! Nostradamus, c'est une assez bonne surprise. On sent les doubleurs plus sérieux et plus à fond dans les personnages. Cette VF me paraît donc plus digeste que sur le précédent film...

 

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La critique 

L'ambiance est plus sombre, ça se sent dès le départ. La scène d'ouverture, dans la prison, est lourde de tension, et scotchés à l'écran déjà, on se demande ce qui se passe, vu qu'aucun des personnages habituels ne s'y trouve. Une excellente introduction au film, avec une course-poursuite qui se distingue de toutes les autres...  vu qu'elle n'a pas leur petit côté bouffon voire bon enfant sur les bords. 

Qu'on ne s'y trompe pas : nous sommes bien du côté du manga pour adultes ! 

On n'a même pas droit au thème d'ouverture, mais qu'importe, puisque la suite vaut son pesant de cacahuètes. On retrouve aussitôt après nos trois bandits préférés sur la fameuse Ile Dérivante, pour une autre scène qui s'ouvre de manière tout à fait sérieuse, pour finir de manière très drôle ! On y reconnaît la patte de Monkey Punch. 

Les blessures fessières de Lupin semblent un grand classique chez lui... 

En 20 minutes de film, tous les personnages sont présentés. On découvre une Fujiko en femme forte et sexy, et qui sait se battre. Ce match de catch est sans doute le meilleur moyen de séduire Kubikari qui ne connaît visiblement que le langage de la violence, et ainsi atteindre son but qui est le même que Lupin, bien évidemment...

On a un petit aperçu de ses méthodes, aussi. Le côté 'je trahis Lupin' n'apparaît pas du tout dans le film. Sa manière intraitable de négocier avec lui, si... 

Même si on l'aperçoit peu, on a un assez bon rendu du personnage.


Zenigata, lui, a perdu son côté bouffon et gaffeur qu'on lui connaît habituellement, pour se révéler être un homme d'une intelligence redoutable, prouvant que lui aussi est capable de piéger Lupin... On découvre aussi son obstination légendaire, face aux menaces de mort à peine voilées proférées par Crysis, le bras droit de Kubikari, il ne bronche pas, il n'a qu'un objectif et il compte bien l'atteindre, que les autorités du Zufu soient d'accord ou pas ! Il casse la figure à des policiers du Zufu de manière très classe, d'ailleurs...

Il capture Lupin, pas pour longtemps on s'en doute, ce qui donne lieu à une scène dont on va prendre l'habitude. Il a capturé Lupin, et ça le désole... Car la grande question ressurgit toujours : mais que va-t-il donc faire après ? Mais visiblement, par rapport aux autres films et TV Spéciaux, ça ne le tracasse pas longtemps. 

Ses apparitions sont peu nombreuses également, mais très efficaces, et on a une très bonne idée de ce que peut être le personnage, en peu de temps. 

 

vlcsnap-207854.png[ Jigen-chan a la classe, oui oui !]


Goemon et Jigen sont sous-exploités et assez mal utilisés par rapport à Lupin qui déploie son art du déguisement dans toute sa grandeur. Là où d'ordinaire il est vite découvert et redevient lui-même, la supercherie dure les trois quarts du film, et un parallèle avec son grand-père est plus qu'évident à faire ici. Au premier visionnage, la surprise est totale ! 

Son côté pervers est singulièrement atténué, pour un côté plus Arsène Lupin, où il est bien évidemment toujours aussi sensible à la beauté féminine, mais de manière un peu plus classe et subtile. 

Son intelligence est aussi mise en exergue.


Kubikari est un vilain très intéressant. Il est brutal, cruel, n'aime pas être contrarié et ne fait aucun cas de la vie d'autrui. Un vrai méchant, qui est à l'origine de la plupart des scènes violentes. Son âme damnée, Crysis, est plus rusé et retords, et est franchement l'adversaire de Zenigata, autant si pas plus que Lupin puisqu'il est l'obstacle principal qui empêche l'inspecteur d'atteindre son but. 

La fin de Crysis est tout à fait pitoyable, d'ailleurs.


Oleander est la Lupin's Girl du film, belle, évidemment, et qui ne manque pas de courage ni de caractère, mais cette force de caractère sous-jacente apparaît peu dans le film. Elle me donne l'impression de subir les évènements plus qu'autre chose, sauf durant la scène finale. Elle est en quelque sorte un pantin entre les mains de Lupin (et des vilains aussi, quand on y regarde bien) qui se sert d'elle pour arriver à ses fins. Dommage collatéral ? Visiblement pas. Lupin prend soin d’elle, et la fin nous fait comprendre qu’elle va tourner la page de son ancien amour grâce à lui…

Une fois de plus, on se situe du côté Arsène Lupin, qui lui aussi tombe les femmes sous ses identités secrètes. 


L'intrigue ne souffre d'aucun temps mort, et les scènes de transition, qui apportent leur lot d'informations, ne sont pas à négliger... Les scènes d'action sont excellentes, ça mitraille dans tous les coins sans que ça fasse too much.

La violence est omniprésente, même si cela n'atteint jamais le côté franchement sanglant et hard boiled de Walther P38. La scène la plus marquante est celle où Kubikari torture Oleander, et décapite un soldat innocent qui ne fait qu'apporter un rapport... On s'aperçoit plus clairement qu'ailleurs, même si la scène est montée de  façon à ce qu'on ne voie pas tout, que le film n'est vraiment, vraiment pas pour les enfants...

La scène finale est sans doute une des plus courtes de toute la carrière de Lupin, mais d'une efficacité redoutable. On en prend plein les yeux, et le duel final Lupin/Kubikari est à compter parmi les scènes d'anthologie. Sur cette scène, l'humour est savamment distillé. Lupin arbore quelques têtes impayables, dignes du manga sans doute. La patte de Monkey Punch réapparaît, bien que je ne puisse l'affirmer avec suffisamment de certitude, vu ma méconnaissance actuelle du manga version papier. 

Le final est lui aussi rondement mené, entre une ultime confrontation Zenigata/Lupin très drôle, et un poil de mélancolie en ce qui concerne Ole. Finalement, pour une fois, Lupin et sa bande repartent avec un trésor…

La musique utilisée correspond bien à ce ton plus adulte, et l’ending de ce film est mon préféré parmi tous, sans conteste !

 

 

 

Nous sommes bien en présence d'un des meilleurs Lupin toutes catégories confondues, tout juste derrière Le Secret de Mamo qui gardera pour moi une place spéciale... De l'action, de l'humour, des jolies filles, tout est réuni pour passer un bon moment. Je regrette juste le manque d'exploitation de Jigen et Goemon, qui font un peu de la figuration, ici... J'aurais également beaucoup aimé sentir la patte de Monkey Punch tout au long du film, et pas seulement sur le début et la fin.


Le bonus

Rien que pour la tête de Lupin ! 

 

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