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Blog consacré à Lupin III

Film 5 : Meurs, Nostradamus !

Et c'est reparti pour un tour ! Après Le Complot du Clan Fuma, un cinquième film est mis sur les rails. Mais il faut attendre 1995 pour ça, et dans l'intervalle, la vague des TV spéciaux est lancée. A partir de 1989, les lupinofans ont droit à leur téléfilm Lupin par an, 1995 est donc une année bonus, y en a deux fois plus !

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Résumé

A Rio, Lupin pique un gros diamant qui vaut un million et demi, mais il a l'excellente idée de cacher son butin dans une poupée qu'une petite fille lui prend sans vergogne, dans l'avion qui doit les emmener aux USA. C'est là qu'il tombe sur Fujiko, qui est la préceptrice de la petite Julia. Il y a certainement quelque chose là-dessous, connaissant Fujiko...

Mais l'avion est détourné en direction du Maroc, et à l'aéroport, où l'avion est forcé d'atterrir, Julia est enlevée. Son père, Douglas, candidat aux élections présidentielles, fait l'objet d'un chantage visant sa candidature prochaine. Et voilà notre Lupin impliqué dans une nouvelle aventure... Où une secte, l'Ordre de Nostradamus, semble jouer le sale rôle. 

De New-York à l'Amazonie, l'aventure est au rendez-vous !

 

Infos générales  (et autres trucs inutiles)

Le film est réalisé par Shunya Ito. Titre japonais : Kutabare ! Nosutoradamusu.

Yuji Ohno à la musique, sans surprise... 

Yasuo Yamada, le seiyuu qui incarnait Lupin jusqu'ici, est décédé pendant la production du film, et celui-ci est donc le premier avec Kanichi Kurita en tant que seiyuu de Lupin. Une perte irréparable, car si Kurita a réussi à reprendre le personnage avec beaucoup de talent, il est clair qu'il restera toujours un cran en dessous de Yasuo Yamada...  Ce qui n'empêche pas d'apprécier le doublage. C'est même très amusant à regarder, on sent le seiyuu encore peu sûr de lui à certains moments...

Pour l'anecdote, Kanichi Kurita aurait été choisi par Yasuo Yamada de son vivant... Et il ne s'est pas trompé dans son choix. 

 

Petit tour des voix :

  • Rupan III : Kanichi Kurita (VF : Bruno Magne)
  • Daisuke Jigen : Kiyoshi Kobayashi (VF : Hervé Caradec)
  • Goemon Ishikawa : Makio Inoue (VF : Constantin Pappas)
  • Fujiko Mine : Eiko Masuyama (VF : Nathalie Homs)
  • Koichi Zenigata : Gorō Naya (VF : Constantin Pappas)

 

C'est Dybex qui réalise le doublage en VF, et on peut constater que l'équipe IDP initiale a été mise à la poubelle... Du gâchis, moi je dis. Sur la voix de Lupin, ça passe relativement bien, mais pour Jigen, j'aime uniquement celle de Philippe Peythieu, et personne d'autre à part le seiyuu d'origine. Pour Zenigata aussi, ça a du mal à passer. Goemon et Fujiko, ça va encore à peu près.

Petite amélioration au point de vue des noms, puisque chaque personnage récupère son nom d'origine... Sauf Lupin, en regard aux problèmes de droits, l'utilisation de la prononciation japonaise est sans doute le mieux que les éditeurs puissent faire. Et, détail amusant, Goemon est prononcé à l'italienne, Ghemon... 

C'est tout moche.

Dybex a sorti un coffret DVD en 2007, regroupant Nostradamus et Mort ou Vif, le sixième film.


Premières impressions

Un titre bien étrange pour un film Lupin... Que pouvait-il bien cacher ? 

Ayant eu beaucoup de mal à le trouver, j'attendais beaucoup de ce film. Et je reste un peu sur ma faim. 

 

La critique

Y a pas à dire, dans celui-là aussi l'action est très vite au rendez-vous ! Si la scène d'ouverture est moins spectaculaire que dans beaucoup d'autres films et TV Spéciaux, le ton est donné. Zenigata est tout simplement irrésistible déguisé ainsi en femme, et sans nul doute, on aura droit au côté bouffon de notre inspecteur préféré tout au long du film... 

La version du thème d'ouverture n'est pas mon préféré, et en plus il est assez court, pour une fois.

Bref, un début excellent et sans fioritures qui ne laisse pas présager une suite ennuyeuse à souhait...

Goemon apparaît fugacement à 13 minutes 44 du film, mais on ne le verra véritablement qu'à partir de la première demi-heure. Il est, une fois de plus, atrocement sous-exploité... De même que Jigen. Apparitions sporadiques mais efficaces pour Jigen, surtout sur une scène, la confrontation avec les méchants partis se ravitailler en explosifs.

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La scène est magnifique. Goemon et Jigen devant une maison, et un petit vent qui souffle, ça fait très western, tout ça. Jigen lui-même fait face au vilain, et il est vraiment classe, à cet instant ! Mais je me demande vraiment pourquoi il nous sort une réplique en rapport avec Dieu (c'est une première, et c'est plutôt ridicule, Jigen, où est passé ton cynisme légendaire ?) et surtout, pourquoi il attend pour tirer ? Ah, le scénario...

Goemon a droit à une scène pour lui tout seul, mais elle ne reflète guère ce qu'il est, à part un découpeur de trucs en tous genre... 

Bref, Goemon et Jigen me font l'effet d'une paire de Zorros débarquant au bon moment juste pour sauver Lupin dans les moments critiques. Jigen apparaît tout de même aux moments-clés, comme le début et la fin, mais ici, comme dans Cagliostro, il semble tout entier subordonné à Lupin. 

Par contre, la part belle est faite à Lupin et Fujiko. On découvre un Lupin un peu (beaucoup) gamin sur les bords, bref assez rafraîchissant, très drôle par moments, mais un poil édulcoré tout de même. Il est bien trop gentil... mais toujours aussi obsédé par les femmes ! Quoique ici cela produise plus un effet comique qu'autre chose.

Fujiko, elle aussi, est un peu (!) édulcorée. On la voit intéressée, sexy, assez fidèle à elle-même dans l'ensemble, mais... il manque quelque chose. Elle est elle-même sans l'être à fond, dirais-je. Trop gentille, elle aussi. 

Leur histoire est un peu exploitée, on découvre un Lupin qui semble amoureux, et une Fujiko qui subit sa première perte de mémoire, avant le TV spécial Fujiko's Unlucky Days. Un parallèle entre le film et le TV spécial pourrait être intéressant, l'attitude de Lupin est somme toute assez similaire... 

 Cadeau bonus, on a droit à une scène de baiser, c'est rare, mais comme Fujiko a perdu la mémoire, ben ça compte pas. 

Bonne surprise cependant de la part de la gamine, Julia. Ses répliques sont un véritable délice, et sa voix pas irritante pour un sou.

Le Zenigata version comique voire crétin se confirme, en effet, avec des inventions bizarres, dont un Lupanotron tout simplement tordant ! Dommage que notre inspecteur ne donne plus signe de vie après l'épisode de la prison sur l'île du Diable... Pour réapparaître vers une heure de film, l'air complètement déprimé par la disparition de Lupin. Sauf qu'on n'y croit pas une seconde, forcément...

Cette scène de la prison n'est d'ailleurs pas sans rappeler le célèbre ancêtre de Lupin. Le parallèle entre ceci et une nouvelle comme L'évasion d'Arsène Lupin est aisé... Comme lui, il dispose de moyens de communication, et on sait très bien qu'il s'évadera de là comme il le voudra.

Parlons des méchants, maintenant. Ils sont plutôt inintéressants, sans réelle psychologie. Conquérir le monde, ben oui, et alors ? C'est méchamment classique... Le duel final méchants-gentils me laisse de marbre. 

Nous sommes confrontés pour la première fois dans les films à une 'mort' de Lupin, qui est complètement inexploitée. Jigen et Goemon paraissent à peine tristes, et Zenigata seul exprime un peu quelque chose, mais ça passe vite... Il a déjà été meilleur que ça niveau émotions, notre Zaza. 

D'ailleurs, au passage, on apprend l'abandon d'une fiancée au Japon, l'inspecteur préférant tenter d'attraper Lupin.

La fameuse tour des Douglas fait furieusement penser à la Tour de Babel, version moderne, dans L'Or de Babylone. Pour la même fin, en plus. 

Douglas lui-même m'évoque furieusement Ronald Reagan. Voilà pour les références foireuses.

Le character design est sympa. Rien à dire là-dessus. On en retrouve un similaire dans beaucoup d'autres TVspéciaux, surtout pour les personnages masculins. Fujiko est à géométrie plus variable que le reste...

Les têtes que fait Lupin à certains moments sont géniales ! Sa façon de passer en deux secondes d'une tête de crétin à une tête toute sérieue est extraordinaire, là-dedans.

Scénaristiquement, l'intrigue est complètement décousue, et les transitions pas toujours forcément assurées. Le scénario est assez faible, avouons-le, et peine par moments à intéresser le spectateur qui contemple certaines scènes d'un air positivement ennuyé. Heureusement que d'autres scènes valent à elles toute seules qu'on perde une heure et demie devant le film... 

La scène finale a des accents d'apocalypse, et est assez bien faite. Dommage qu'elle se conclue sur une fin mielleuse à souhait... 

Et pour le petit détail qu'il vaut la peine de souligner, on aperçoit brièvement la Fiat 500 jaune (avec la plaque R-33). Clin d'oeil à Cagliostro

 

 

Bref, vraiment pas le meilleur Lupin de la série. Il ferait très bien concurrence à L'Or de Babylone en terme de ratage... En somme, on alterne entre action à savourer et ennui profond, sur fond d'un scénario assez bancal, des idées mal exploitées et des méchants qu'on oubliera bien vite... 

Un Lupin assez gamin, Jigen et Goemon juste là pour faire joli, Fujiko qui s'attache à une petite fille... On aura tout vu. Mais bon, on se marrera bien quand même devant les tronches impayables de Lupin, un Zenigata assez drôle, et... et c'est tout. 

 

Ça sent le Lupin pour enfants, ça. Mais c'est mal foutu, et moi j'aime pas. J'avoue avoir fortement hésité à poursuivre après une heure de film... 

 

VF versus VOSTFR

Mon appréciation du film tient beaucoup dans les voix des personnages, et j'accroche mieux à la version VOSTFR, même si le texte des sous-titres est assez similaire à la VF. Mais ça ne m'empêche pas de m'ennuyer après le premier quart d'heure de film... 

Pour exemple, les voix des méchants sont ainsi bien plus crédibles (cf. la scène du détournement d'avion). Chris, le vil sous-fifre du gourou de l'Ordre de Nostradamus a ici un peu plus de charisme, en tueur froid qui ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il veut, et qui ne se soucie pas de la vie d'autrui...

La petite Julia est meilleure dans la VF, a contrario. 

On y trouve une allusion au film précédent, Le Complot du Clan Fuma, quand Lupin utilise une pièce pour faire sauter une arme des mains d'un des mercenaires qui leur tire dessus, lors de leur première tentative de forcage de salle aux trésors. Encore plus flagrant qu'en VF, puisqu'il y a une réplique qui va avec !

Cette scène-là est d'ailleurs bien plus fendarde en VOST !

Tiens, l'histoire du vol à l'étalage, qui conduit Lupin à l'île du Diable, m'évoque Green VS Red. Vous comprendrez quand j'aurai critiqué la bête. 

Bref, ce film est à voir en VOSTFR, il est bien mieux ainsi ! 

 

Le Bonus 

Il est vivaaaaaaaaaaant !

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Mais regardez-moi ces tronches...

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